émoi jeu

du temps où mes mains s’endormaient
au liseré soyeux de son ventre
jeu me souviens

du baiser du réveil étoilé
de mouvantes caresses
jeu me souviens

de la douceur aigue-marine
de sa chair de murène
jeu me souviens

des nuées d’étincelles
qui susurraient « entre ! »
jeu me souviens

de tout le reste…
la douleur et la peste
carence de phosphore

elle vaporeuse nacelle
survolant mon cœur frêle
jeu m’en déleste encore le soir
d’une dextre sans finesse

les souvenirs empruntent à la nostalgie
ce que le pléonasme rend à l’évidence
l’oubli se hasarde… par chance
l’amnésie de l’âme n’hési-
te plus à se remémorer
le plaisir révolu

alors jeu recommence…

aldo campo ©